Le minute d’empathie – une mauvaise idée ! Telle qu’elle est proposée… Et si on développait l’auto compassion ?

C’est en voyant une publication sur FB avec cette photo de la “minute d’empathie” que je repense à ma patiente d’hier. Elle a 40 ans, et son monde tout entier vient de s’effondrer suite à des attaques au boulot de la part de l’un de ses supérieurs toxiques. Lorsque nous cherchons ensemble les racines de l’effondrement de son estime de soi, nous nous apercevons qu’elle a construit sa vie et son identité sur ce que les autres disent d’elle, sur la manière dont les autres lui donnent de la valeur. Cela s’appelle de la validation externe. “Tu es jolie“, “Tu es intelligente“, “Tu es sage“…. Vous me direz : “Quel est le problème ? Puisque ce sont des compliments ! Et bien, si vous construisez votre identité et votre valeur sur les compliments faits par l’extérieur, vous allez vous effondrez lorsque l’extérieur ne sera plus bienveillant, lorsqu’il sera absent ou hostile.

Selon les recherches de la psychologue américaine Kristin Neff et son équipe, notre société survalorise le développement de l’estime de soi, qui s’avère bien fragile en cas de tempête. Développer l’autocompassion, la capacité de mettre de la douceur avec soi en cas de difficulté, douleur, souffrance, émotions difficiles, nous permet de nous remettre debout, et de prendre soin de nous et de notre coeur.

Si je reviens à cette “jolie” idée de la minute d’empathie, je vous invite maintenant à relire ce joli papier et ces consignes : que va-t-il se passer pour l’enfant qui n’aura pas de jolis compliments de la part des autres …. et pour ceux qui recevront des mots comme “gentil”…. Faudra-t-il toujours rester gentil et ne pas se laisser le droit de se défendre ?

L’une des expertes interviewée dans le documentaire “Le cerveau des enfants, un potentiel infini” de Stéphanie Brillant, explique le phénomène de la pensée fixe. Si vous dites à un enfant “Tu es intelligent”, le voici enfermé dans case Excell “intelligent”. Osera-t-il essayer, ne pas y arriver, tâtonner, prendre le risque de sortir de la case Excell ? Même chose pour la case “sage” ou “gentille” ….

Peut-on nous laisser être toutes les parties de nous même ? Et surtout arrêter de nous fixer avec le verbe être. La vie est mouvement. Nous sommes faits de processus, le vivant est en nous. Tout bouge tout le temps.

Remettons en place notre boussole intérieure, la validation interne qu’est la joie et la sensation d’ouverture présentes à l’intérieur de nous lorsque nous sommes au bon endroit, quand cela dit OUI en nous.